Affichage des articles dont le libellé est Le cul entre deux chaises. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Le cul entre deux chaises. Afficher tous les articles

lundi 13 avril 2009

Une semaine dans un… commissariat !

Une semaine exhaltante!!! et surtout... très très instructive...

Premier jour: un fada responsable des "statistiques" ("mais, nan, pas ethniques, rassurez vous(!)... en plus les journaliste nous pourrissent toujours avec STIC, Khéops et Edwige, qui sont de superbes outils, croyez-moi!") ce fada, donc, me montre des photos de casseurs dans les manifs (grâcieusement fournies par la presse locale qui travaille en bonne entente, apparemment, avec la police nationale!) et en tête de cortège, des étudiants plutôt basanés... et ce con de me dire ("ah bah oui, tiens! vous reconnaissez sûrement vos amis, là, nan?")... no comment

Le lendemain, je rentre dans le bureau du chef de la CDI (compagnie départementale d'intervention! en gros des CRS) et le mec a des drapeaux allemands partout, des carabines accrochées au mur et... des obus de la deuxième guerre mondiale sous son bureau... plus des "trophées de guerre": les pancartes et slogan arrachés aux manifestants... monsieur trouve sarko trop atlantiste, aurait voulu aller taper de l'alter à Strasbourg (mais sa direction a préféré le laisser dans son bureau... s'en fout, il demandera Caen en juin quand Obama sera là!!!) et il m'explique que dans son boulot "faut aimer l'adrénaline"... me vante le Taser et me demande de l'applaudir parce qu'il n'y a eu aucun mort à Strasbourg (au G20 y'en a eu un... mais c'est déjà pas mal...) ils sont sympa de pas tirer à bout portant avec leur "40 mm" en caoutchouc... et bientôt! innovation de taille, les balles en caoutchouc éclateront pour laisser de la peinture et du lacrymo "comme ça on aura juste à les cueillir"!!! sympa! maintenant je ferai gaffe en manif! et en plus, ils ont tous leurs appareils photo et caméra!!! donc, récapitulons, le Taser, c'est sympa, les balles ça fait pas mal (ok, "ça sonne un peu") et l'Allemagne devrait être notre exemple à tous, assure monsieur-petite-raie-sur-le-côté-avec-mèche-toute-fuhrerienne...

Le jour d’après… J'arrive pour apprendre qu'un mec est mort la nuit en... Garde à vue!!! voilà la belle police nationale! et ... gros black out! rien dans la presse régionale (of course!) et moi je dois batailler pour leur sortir les vers du nez! no comment!

Après ça, j'ai fait un tour chez les mineurs (glauquissimes, les viols et incestes...), à la cellule VIF (violences intra-familiales), des petites venues témoigner des violences de leur papa sur leur maman ("depuis quand dirais-tu que ça dure?" "bah! depuis toujours!")... j'ai fait un tour chez les "cambriolages" qui gèrent en fait 70% de toxicos, ma ville est une plaque tournante de l'héro! je suis choquée! énormément d'ivresses publiques... ça fait peur! et bien sûr, tous ces gars là, on les tutoie, on les bouscule un peu, mais on s'en fout, c'est des tox... et quand on les attrape avec les chiens, ils peuvent s'estimer heureux... les chiens sont muselés! ouaouhhhhhh! et bien sur, plein plein plein de clandestins, on a aussi la chance d'avoir l'un des plus grands centre de rétention administrative...
voilà... une semaine de police! ça s'oublie pas...

vendredi 28 novembre 2008

Le spleen de Paris...



Je n’arrive pas à écrire, je ne sais déjà plus quoi dire… tristesse des mots, fadeur du discours, vacuité totale de l’esprit… fatiguée, lassée, désorientée… le spleen de Paris ? je ne sais pas, ou plus…

Il m’arrive toujours autant de choses, je me prends toujours autant de trucs dans la gueule, comme ça, violemment. Je réagis toujours autant, je ris fort, je pleure un peu, je suis violemment dégoûtée, je m’insurge beaucoup, j’agis un peu, mais je n’arrive plus à le formuler…

Je passe mes journées à argumenter, à m’opposer, à essayer de me distinguer, à essayer de faire entendre ma voix, à refuser le formatage, les idées qu’on m’impose, à tenter de me forger des opinions… Je pérore pas mal, je m’enflamme, défend des théories que nous ne sommes plus beaucoup à défendre, je prends faits et causes pour ceci ou cela et puis là… je suis vidée, fatiguée, éreintée…

Peut-être ce film hier soir à l’IMA sur Driss Chraïbi, qui remue toujours tellement de choses en moi...
peut-être la lecture fiévreuse de Moha le fou Moha le sage (merci Mohammed ! merci !!!) qui depuis hier me hante…
peut être ce type qui s’est écroulé sous nos yeux dans le métro et que tout le monde préférait enjamber au lieu de l’aider à se relever…
peut-être l’homme pressé du même wagon qui proposait de « le foutre dehors à coups de pied dans le cul »… ou celui qui est subrepticement passé devant cet aveugle qui laisser filer sa troisième rame de métro…
peut-être Saïd, 30 ans, chef d’entreprise, qui me raconte l’accueil des banquiers pour monter sa boîte, avec pour seule question à la bouche : « comment avez-vous réussi à vous procurer tous ces faux documents ? »…
peut-être l’impression de se sentir un peu seule, au retour de cette manif’ où nous étions deux cents à manifester contre la réouverture du centre de rétention administrative, entourés par autant de flics…

Le spleen de Paris, sûrement…

vendredi 7 novembre 2008

Choses vues, lues, entendues et vécues...

A écouter en même temps... (p'tits chanceux, j'vous mets la vidéo... juste le temps que j'aprenne à faire des liens sons...)



- Une Equatorienne dénoncée par la mairie de Tibery… alors qu’elle avait inscrit son fils à l’école… (tu sais l’école de la République… pour être un bon citoyen de la France d’Hortefeux…)

- Un jeune qui prend 18 mois ferme pour avoir taggé « Allah al Watan al Barsa » sur les murs de son école…

- Ce chef d’entreprise banlieusard qui me raconte les rires condescendants et les portes claquées par les banquiers à qui il demandait des fonds pour son business…

- Un sommet sur « l’intégration » à Vichy… et apparemment, je suis pas la seule que ça énerve…

- Le temps aussi s’y est mis : trouvé dans le Journal du Dimanche : le "mur" de Melilla emporté par l'orage sur une trentaine de mètres…

- Le premier Président noir des Etats-Unis fêté à Paris par une foule désespérément blanche… une soirée mémorable où tout le monde s’est bien marré… surtout quand je demandais aux gens si ils pensaient qu’on verrait un jour un Arabe ou un Noir à l’Elysée…

- Berlusconi qui se félicite de l’élection du playboy Obama, « jeune, beau et bronzé » !

- Rachid Ninni débouté… y’aurait-il une Justice chez nous ? et dire, qu’on en doutait…

- Cet avocat qui m’explique que Rachida Dati a un côté « vraiment con » et parle mieux de Chanel ou de Dior que de justice… avant de me fixer parmi la foule, ajoutant « au fait… si jamais il y avait ici la cousine de Rachida Dati…. Il faut pas répéter, hein ? »… personne lui a dit que les Arabes étaient pas tous des frères ?

- Hier matin, 8 heures, ma station de métro défigurée par des affichettes de l’UNI (« Etudiant de droite, rejoins nous ! »), sous un drapeau bleu-blanc-rouge qui flotte, avec la phrase « Français et fier de l’être !)…

- … et le soir, ma station comme avant, juste avec des petits bouts d’affiches qui pendouillent lamentablement…

lundi 20 octobre 2008

Anta fi firanssa la tastaghreb !

Back to roots… me voilà de retour d’un reportage bien rigolo… des princes saoudiens, des petits Européens qui forent chez eux, des spéculateurs qui prient pour que le cours du brut remonte, des petits Français qui ont bien compris où se trouvent le clash, des petites nénettes qui l’ont tout aussi bien saisi et jouent de leurs atouts auprès des vieux capitalistes en mal d’amour…
Contente d’avoir entendu un prince remettre à leur place les petits démocrates de nos grands pays capitalistes qui voient leur entrée dans les capitaux comme une action « hostile »… le p’tit prince a dit… « ah bon, il va gaspiller tout l’argent qu’j’lui avait prêté… demain j’reviens avec des mecs du 9.5, des mecs du 94 et des mecs du 9.3 »… 9.3 ! tiens, parlons-en… j’ai quitté la France trois jours, je rentre pour apprendre qu’on y découvre les violences policières après une vidéo à Montfermeil… Saba7 al kheir… mieux vaut tard que jamais… no comment…
90ème suicide en prison depuis le début de l’année, mais on préfère faire les unes sur les sifflets pour France-Tunisie… et puis, tiens, tant qu’à faire on va interdire les matchs avec les pays du Maghreb… à quand l’entrée des stades au faciès… on pourrait aussi nous noter : 10/10 parfaitement intégré… jusqu’à 0/10 bon à expulser…
Pas vraiment optimiste, la Sarah Ben, ce soir ! peut-être parce qu’en ce beau mois d’octobre, le 17 est encore passé à la trappe ! aucune commémoration, toujours aucune excuse… parce que Mehdi Ben Barka a disparu cette semaine et que personne n’en parle…
Back to roots, je vous dit…

mardi 15 janvier 2008

Identité(s) 6

Après avoir lu ton commentaire, Chams, sur Identité(s) 5 (oui, je ne sais pas encore comment faire un lien... sorry ;o)

Je reviens sur un sujet qui a très longtemps été au centre de mes préoccupations, et duquel je me détache très légèrement depuis que je suis "rentrée" ici, enfin, non, je ne m'en détache pas, je l'aborde juste un peu plus sereinement je pense... alors, voilà, je te répondais en commentaire, et puis, voilà que je m'emballe, que le texte s'étoffe et je me dis, bon, autant en faire un post, "ça mange pas de pain" comme dirait l'autre...
Donc ce texte, que j'ai découpé en 5 identités, était, avant d'être un post, une intervention que j'ai faite il y a maintenant un an et demi (j'étais alors à mille lieux d'imaginer que je rentrerais bosser au Maroc...) et il y avait dans le public des Arabes (surtout du Moyen Orient), des Maghrébins (pas "de France"), et quelques personnes "issues de l'immigration", comme dit l'euphémisme... tu t'en doutes, tous n'ont pas été aussi sensibles mais les personnes qui se sont senties "concernées" ont trouvé les mots et nous avons très vite trouvé plein de jolies choses à échanger...
Alors, maintenant, oui, je le sais, c'est une richesse cette double culture, alors que je l'ai lontemps vécue comme une difficulté, une difficulté à se positionner, à se définir, à appartenir à quelque chose, à pouvoir parler sur des choses (combien de fois on m'a dit: "ok, parle comme tu veux de la France, tu y a vécu, mais sur le Maroc, tu peux rien dire, tu le connais pas!", ça fait mal, mais maintenant je sais que c'est pas complètement faux, même si ces gens qui t'interdisent de parler de ce pays qui est aussi le nôtre, eux, se permettent en permanence de discourir sur la France et sur le sort de ses Arabes, par là même). Tu l'auras compris, je ne pense pas qu'on ait le droit de t'interdire de revendiquer la moitié de toi (voire plus...)
en même temps, en étant loin, j'avais en tête des antagonismes qui s'effacent quand tu t'approches, je pense que ça doit être la même chose en Tunisie: au cours de mes études en France j'ai rencontré beaucoup de Marocains de la "mission", du lycée français et beaucoup m'ont déçus, je prenais personnellement le fait qu'ils parlent pas l'arabe ou dénigrent en permanence notre pays comme une insulte... maintenant j'y repense et c'est con, mais c'est vrai que je me disais pourquoi nous on fait vivre ça jusqu'ici et eux qui baignent dedans le rejettent? en plus, je suis issue d'un quartier assez populaire au Maroc et je ne pouvais pas supporter de les voir vivre ainsi dans l'opulence, voire le gaspillage pur et gratuit, alors que ma famille... je sais, pour beaucoup de Marocains qui doivent me lire (oui, beaucoup, je m'emballe un peu... disons pour LE Marocain qui va me lire), je fais dans la caricature et le cliché... mais je n'ai dépassé ce stade qu'en rentrant ici... (bon, à ma décharge, j'ai rencontré des Marocains assez "gratinés" pendant mes études... no comment)
maintenant que je suis (un peu) plus en accord avec ce Maroc, je veux maintenant être "mien", tout simplement, pas celui de ma famille, pas celui des slogans, ni celui de nos parents qui l'ont quitté (plus ou moins de leur plein gré, selon), pas celui de l'élite (que je côtoie par mon travail et qui ne me parle que parce que je représente un peu la France...) ni celle du "cha3b al 3adhim" que j'ai tant encensé, mais auquel je n'appartiens somme toute pas... bref, mon Maroc à moi, celui que je me construis chaque jour, que j'aurai peut-être dénigré en France, qui sait?
pour ce qui est du retour, je ne l'envisage en tout cas plus comme une fin en soi, je ne veux absolument pas vivre ici comme cette élite, hors sujet que je dénigre tout le temps, mais je ne peux pas non plus sauver tout le monde... je vois donc les choses de façon pragmatique, s'il m'est possible de bosser ici, et de faire, à mon échelle, bouger les choses, je reste! sinon, je rentre en France... ou ailleurs en fait!
moi, je n'avais pas vraiment cette idée de retour, au contraire, je me sentais Marocaine au milieu des Français et tellement Française au Maroc... et je rêvais plutôt d'"arabité", de "9awmiya 3arabiya" (oui, il y a encore des idéalistes sur cette terre... ;o) et c'est maintenant que je suis rentrée que je me sens pleinement dans mon droit quand je parle de mes deux pays, de mes deux cultures, de mes deux systèmes, même s'il y des domaines qui ne sont pas partagés... je parle politique en France, m'enflamme pour des partis, alors qu'ici, disons... je m'abstiens un peu plus ;o) de par mon activité en ce moment, j'ai accès ici à des milieux que je n'aurais jamais imaginé cotoyer en France... bref, j'évolue en me frottant à la réalité d'un pays que j'ai porté en bannière, refusé, aimé, détesté, fantasmé, dénigré, mais que je quitterai à regrets c'est sûr...

comme d'habitude, c'est un peu décousu mais c'est ce qui trotte dans ma tête après t'avoir lu, chams... merci!

jeudi 10 janvier 2008

Identité(s) 5

« Il faudrait que l’effet pût devenir la cause, que l’esprit social qui doit être l’ouvrage de l’institution présidât à l’institution même que les hommes fussent avant les lois ce qu’ils doivent devenir par elles. »
Rousseau


Par ailleurs, pour se faire accepter, on nous demande en permanence de nous situer par rapport à une identité unique, clairement définie et définitive. Il faut savoir répondre vite et bien à la question, maintes fois posée : mais, en fait, tu es Française ou Marocaine ? Finalement, partager une même citoyenneté nous permet-il de conserver nos identités respectives, personnelles ? En a-t-on le droit ? Et cela peut-il apparaître légitime aux yeux de tous?
Face à la visibilité de cette synthèse innovante, on observe un double discours quant à l’apport supposé de l’immigration : certains évoquent un âge d’or arabe mais n’ayant que peu de liens avec les populations souvent rurales recrutées en France… d’autres, font preuve d’un rejet total de la culture de l’ «Autre », jugée moins évoluée, moins avancée… Ce qui ne fait pas de doute c’est qu’ on voit clairement se dessiner une nouvelle culture: métissage de la mode anglo-saxonne et américaine,de la culture française apprise à l’école et de celle des parents qui est dispensée à la maison ou dans le quartier et réappropriée, réinventée…
De nombreuses politiques sont menées, mais une interrogation s’impose cependant à moi : Je crois déceler un certain manque de cohérence dans ces décisions : comment tendre à élargir le champ de la citoyenneté à la Méditerranée, si l’on n’accepte pas déjà les représentants de cet espace méditerranéen ? Ceux que l’on a pu appeler les « couscous- pommes frites » sont le fruit du processus de Barcelone : stigmatisés en France, acceptés le temps d’un été dans le pays d’origine de leurs parents, vers lequel, souvent, ils n’espérent pas revenir, ils se trouvent dans la situation la plus cocasse qui soit : possesseurs de deux identités, parfois de deux nationalités ou plus, ils sont en quelque sorte « apatrides », habitants d’un « no man’s land » ! Créer une citoyenneté euro- méditerranéenne ne peut se faire qu’avec eux. Européens, ces enfants écartelés entre les deux rives de cette Méditerranée, sont peut-être les premiers citoyens euro- méditerranéens de fait…

Identité(s) 4

« Comment voulez-vous que le travailleur français qui travaille avec sa femme et qui, ensemble, gagnent environ 15 000 F, et qui voit sur le palier à côté de son HLM, entassée, une famille avec un père de famille, trois ou quatre épouses et une vingtaine de gosses, et qui gagne 50 000 F de prestations sociales, sans naturellement travailler… si vous ajoutez à cela le bruit et l’odeur, eh bien, le travailleur français sur le palier, il devient fou. Et ce n’est pas être raciste que de dire cela. […] il faut enfin ouvrir le vrai débat moral qui s’impose dans notre pays, pour savoir si il est naturel que les étrangers puissent bénéficier au même titre que les Français d’une solidarité nationale à laquelle ils ne participent pas puisqu’ils ne paient pas d’impôts.»
Jacques C., Orléans, le 19 juin 1991


Depuis les bidonvilles des périphéries dans lesquels s’entassaient des familles dont le père pratiquait les travaux, délaissés par les Français « de souche », car dits travaux 3D « dirty, dangerous and difficult » aux difficultés actuelles, le problème ne semble guère se résoudre.
De la mémoire du 17 octobre 1961 à Mr Le Pen accédant au second tour des Présidentielles le 21 avril 2002, la haine et le rejet semblent perdurer. Cependant, « On ne fait pas reculer le racisme à coups de bons sentiments et d’antiracisme pur et dur. Disjoint de toute autre signification, l’antiracisme constitue une source d’exacerbation des problèmes qu’il entend combattre, bien plus qu’une réponse efficace; sur le terrain, il stigmatise et culpabilise les moins radicaux, sans résoudre les problèmes à partir desquels ils tendent au racisme, et renforce les plus résolus dans la conviction qu’ils ont d’être délaissés, incompris ou trahis. L’apport éthique et humaniste de l’antiracisme devrait rester indissociable d’une prise en charge des difficultés nées de la chute sociale, de la perte des repères et de l’exclusion. » (Michel Wieworka)
Mais, la question de l’immigration ne pourrait-elle pas être comprise à partir de l’apport des sciences sociales plutôt que d’être abordée systématiquement à travers le prisme d’une intégration dont on sacralise le sens tout en le vidant de son dynamisme existentiel ? L’Etat social et l’Etat légal doivent se compléter et non pas s’annuler l’un l’autre. On ne peut concevoir un système d’immigration basé sur le seul intérêt du pays qui accueille !
On pourrait ainsi évoquer le problème de l’urbanisme, des bidonvilles et cités de transit en passant par les foyers. On ne peut pas considérer que, bien que nombre de ces projets soient partis de bons sentiments, les résultats aient été réellement probants. De plus, dans ces lieux rejetés en périphérie, les acteurs sociaux se sentent souvent peu soutenus par leurs institutions de tutelle. Malgré cela, certains restent et persistent, telle Dounia Bouzar qui trouve chez les enfants d’immigrés les fondements de ce qu'elle appelle la “francité”. Une synthèse nouvelle qui crée une identité française sans renier les origines. “L'histoire de ces jeunes socialisés à l'école de France ne peut se réduire uniquement à l'histoire de leurs parents. A travers eux, une nouvelle histoire se construit. Ils ont un rapport particulier à l'Islam qu'ils refusent de laisser à la frontière. Ils en font une part du patrimoine national pour mieux se sentir français sans pour autant rompre avec les traditions des parents”.

Identité(s) 3

« Je suis un peu islamophobe, ça ne me gêne pas de le dire. J’ai le droit, je pense (et je ne suis pas le seul dans ce pays), à penser que l’islam - je dis bien l’islam, je ne parle même pas des islamistes -, en tant que religion, apporte une certaine débilité d’archaïsmes divers, apporte une manière de considérer la femme, de déclasser régulièrement la femme » et « en plus un souci de supplanter la loi des Etats par la loi du Coran, qui en effet me rend islamophobe. (...). Il n’y a aucune raison, sous le prétexte de la tolérance (...), de s’abaisser jusqu’à renier des convictions profondes. »
Claude Imbert, fondateur du Point, octobre 2003 sur LCI


De façon parallèle à la création de cette identité, on crée son altérité : le « bounty » est ainsi montré du doigt, Gaston Kellmann, évoque ce phénomène qui veut qu’on le considère comme un Noir à l’extérieur qui réfléchit à l’intérieur comme un Blanc, d’où la métaphore de la barre chocolatée « Bounty » ; de même, on voit de jeunes Français ayant grandi dans les banlieues se convertir à l’Islam et adopter un patronyme musulman, se fondant dans le groupe, avec sa nouvelle identité… D’autre part, on peut observer une ethnicisation des rapports sociaux, accompagnée et entraînée par un double verrouillage dans le rapport à l’Histoire. Fait-on le choix d’une vision essentialiste ou universaliste de l’Homme ou raisonne-t-on sur la base de la confession ? Les immigrations sont-elles alors toutes les mêmes ?
Ainsi, certains relents colonialistes touchent au débat déjà sensible et le rendent plus épidermique (juste un bref regard sur des écrits d’Oriana Fallaci : La rage et l'orgueil « qu’il y a quelque chose, dans les hommes arabes, qui dégoûte les femmes de bon goût », ou encore : « Au lieu de contribuer au progrès de l’humanité, [les fils d'Allah] passent leur temps avec le derrière en l'air à prier cinq fois par jour ». Elle affirme enfin que les Arabes sous couvert de migrations envahissent l'Europe pour propager l'islam, « se multiplient comme des rats ».) Ces écrits simplement islamophobes et xénophobes sont défendus par Alain Finkielkraut ou Pierre-André Taguieff, entre autres, qui la remercient de « viser juste », hors du « mensonge vertueux »… D’autre part, la mémoire coloniale fait encore mal à de nombreux anciens « indigènes », certains sont tellement sensibles et sensibilisés qu’ils ont encore la sensation d’être régi par ce statut particulier. Cependant, force est de reconnaître que l’immigration post-coloniale est l’expression même de l’héritage de la colonisation.
De la France « black-blanc-beur », avec son équipe gagnante à la Marseillaise sifflée lors d’un match France-Algérie ; cette double identité se fait visible. Acceptée dans les grandes heures, cette part française semble rejetée à d’autres. Cependant, ce processus se fait dans les deux sens, accueillis à bras ouverts pour former une équipe gagnante, les jeunes « black – beur » sont souvent rejetés lorsqu’il est question de logement ou d’entretiens d’embauche, qui eux sont plutôt selon l’expression de Pocrain « white-white-white » – on estime que 50% des jeunes issus de l’immigration sont au chômage et qu’ils ont 6 fois moins de chances de décrocher un emploi suite au même entretien qu’un Français dit « de souche ». Yamina Benguigui, dans son documentaire Le Plafond de Verre met bien en évidence ce système à deux vitesses, qui en a poussé certains à se voiler la face en proposant la discrimination positive, notamment prônée par ceux qui ont initié la marche des Beurs. Et ces déçus, tel Azouz Begag se rallient à cette idée, alors que concomitamment les politiques amorcent une période où l’on assiste à la nomination du « premier préfet Musulman » Aïssa Darmouche. Cette dénomination même m’apparaît comme anti-républicaine. En effet, on ne peut être nommé aux emplois les plus hauts de la République sous prétexte de promotion d’une confession, d’un sexe ou d’une origine ! Ne devons-nous donc compter que sur le sport ou les quotas pour espérer trouver une place – qui nous est due, en tant que citoyens ?

Identité(s) 2

Ce que l'on te reproche, cultive-le, c'est toi!
Jean Anouilh


Je fais partie des chanceux qui connaissent une double identité, une double culture, deux langues, deux religions voire deux éducations… Ayant toujours grandi en France, je ne connais le Maroc qu’en période estivale entre une journée à la plage et un sermon à la mosquée retransmis le vendredi midi sur la chaîne nationale ; entre couscous avec la famille et McDo avec les cousins, je suis une privilégiée qui côtoie des mondes à première vue opposés mais qui se complètent et se fondent en une synthèse, en une laborieuse création que nous essayons d’améliorer chaque jour. Appréciant ma culture et mon éducation françaises, française de nationalité, mais aussi marocaine, je ne peux tolérer les propos de certains politiques. Comment voudrait-on que je n’aime pas la France, et, si tel était le cas, comment pourrais-je la quitter ? Nous sommes nombreux à ne posséder que des papiers d’identité français, nous avons obtenu des baccalauréats français, le français est la seule langue que nous maîtrisons réellement et nos modes de pensée ou d’analyse sont purement français, à notre grand bonheur ou à notre grand malheur - qui le sait ? - nous sommes et nous resterons inexorablement Français.
« Enfants de la République », comme nous l’a rappelé le bon Chirac, les enfants issus de l’immigration sont et restent donc des identités remarquables, qui multiplient les références culturelles et les additionnent pour créer un résultat, comme une synthèse qu’ils s’inventent. Il serait bon de ne pas chercher à les soustraire de peur de fractionner la société.
Mais quel lien pourrait nous relier tous dans cet ensemble que nous tentons chaque jour de maintenir et de reformer. « L’appartenance nationale? Tant qu’elle a juste un lien abstrait avec des fêtes dont on oublie les dates, elle ne compte pas. Le sentiment de citoyenneté? Tant que c’est juste un luxe que se permettent les nantis ou une poignée d’incorruptibles, il ne faut pas y compter. »
En effet, on assiste à un double refus de cette identité, voire de cette citoyenneté française. On assiste à un refus de la citoyenneté française pour encenser une citoyenneté du pays d’origine, fantasmée. D’une part, nombre de jeunes issus de l’immigration affirment ne pas se sentir Français, cependant, peu envisagent de façon sérieuse un retour – qui serait plutôt un aller – vers le pays de leurs parents ; et ni plus tout à fait celui des parents et pas non plus celui des enfants ! Situation fragile et précaire, s’il en est, puisque la moindre déstabilisation peut être dévastatrice. Cette « nouvelle territorialité affective » (Omar Samaoli), permet au-delà de la citoyenneté, de la nationalité, de créer une identité, issue de mélanges, de concessions et d’une part d’imaginaire… En effet, si les parents vivaient dans le mythe du retour, les enfants ont vite dépassé ce stade. Au début, faute de retour possible, ils font le choix de s’assimiler ; mais, peu à peu, face à la persistance des discriminations et du racisme, on assiste à une logique qui veut qu’on assume de plus en plus ses particularités.
On s’invente alors une identité, parfois partagée par le groupe de jeunes que l’on fréquente, on se retrouve autour de sa double culture… de même, la langue s’adapte et se glissent au milieu de phrases mâtinées de vieil argot populaire français des mots issus de nombreux dialectes arabes ou africains...

Identité(s) 1

L'article 12 du projet de loi crée une carte portant la mention « compétences et talents », d'une durée de validité de trois ans renouvelable, dont la vocation est de faciliter les conditions d'admission au séjour des étrangers susceptibles de participer de façon significative et durable au développement économique ou au rayonnement, notamment intellectuel, culturel ou sportif, de la France ou de leur pays d'origine. Aussi, les étudiants étrangers feront-ils l'objet d'une sélection multicritères (filière, nationalité, niveau d'étude, projet de formation…).

Avec l’immigration choisie, il faut la mériter, sa nationalité ! Mais plus encore, il faut avoir la chance de faire partie de ces zones géographiques « agréées », acceptées et considérées comme saines. Il faut de plus pratiquer un métier dont la France a besoin. Il faut rentrer dans le cadre qu’elle propose, sinon pas d’espoir, pas de débouchés, pas de place en France, qui n’a pas l’argent, pas le temps, pas la place pour accueillir, pour recueillir… Et là je me souviens d’une discussion que nous avions eue avec Ariane Mnouchkine, à l’issue de sa pièce « Le Dernier Caravansérail », odyssée multiple, au cours de laquelle de nombreuses familles poussées à l’exil se heurtent aux murs érigés autour de notre belle Europe. La violence du déracinement, de l’émigration, de la clandestinité, la douleur, la difficulté, qu’elle met en scène sont comme jetées à la figure de l’Europe bien – pensante, du public, de nous tous, de vous, de moi, habituellement indifférents face à cette réalité lointaine. Lointaine ? Pas tant que celà… Les incendies des hôtels à Paris, les citoyens en garde à vue pour avoir protesté contre des expulsions violentes, les drames familiaux, la fin de la trêve hivernale des expulsions, les attaques de foyers SONACOTRA de retraités immigrés… Mnouchkine, après avoir passé un an dans le camp de la Croix Rouge de Sangatte nous décrit les conditions de vie des immigrants et leurs difficultés et c’est cela même qu’elle dénonce dans son Caravansérail. Quand l’art se fait conseil du politique, la cohérence et l’humilité devraient conduire le Prince à des décisions plus humaines… Comment pouvons-nous nous leurrer à ce point ? Et pour combien de temps encore ? Que cherche-t-on à nous faire croire et comprendre?
Par ailleurs, les nouvelles lois sur l’immigration entérinent des mesures dans l’air du temps : on assiste, comme partout en Europe, à une multiplication des tests de culture et langue, à l’encensement d’un idéal républicain auquel il faudrait adhérer. Des cérémonies sont mises en place pour l’accession à la citoyenneté française. On avance que ces " cérémonies d'accueil dans la citoyenneté française" aideront à faire entrer dans les esprits l’idée de cohésion nationale et renforceront les liens entre le nouvel entrant et la France qui l’accueille.
Mais qui peut définir l’identité ? La citoyenneté vient à la fois de l’appropriation d’une identité et de l’acception de celle-ci par le groupe. Or, en reconnaissant au droit du sol une valeur au même titre que le droit du sang, la France a fait le choix de reconnaître à nombre de ses citoyens leur double, voire multiple, appartenance. La France a fait le choix de se faire un patchwork d’individus, eux-mêmes semblables à des mosaïques.
On crée donc son identité, on obtient sa nationalité, mais l’on crée sa citoyenneté sur la base de sa propre synthèse, issue des différentes identités qui nous composent. En se référant à des cultures diverses, des repères différents on élargit le champ de définition de son moi.

mardi 8 janvier 2008

Ma France à moi

- Ma famille
- Mes souvenirs
- Mes amis
- Mon environnement
- La cathédrale qui me réveille le dimanche matin quand j’aurais préféré dormir.
- Ce connard qui m’explique « qu’en France, on fait pas comme ça ».
- Les soldes (la France me manque vachement en ce moment, je viens de trouver pourquoi… Jet4u where r u…)
- Mon rouge à lèvre (soyons superficielle…), mais le côté positif, c’est qu’au Maroc j’économise vachement sur le maquillage.
- Mes études et ma (toute petite) chambre d’étudiante.
- Nos soirées chicha-Martini-bretzel (miss u girls !)
- Mohammed, diplômé de sa grande école, qui ne veut pas faire de « l’antisarkozysme primaire » et tend l’autre joue (reviens vite à la raison Momo please !)
- Et moi qui m’encanaille chez les cocos.
- Mon copain qui m’engueule parce qu’il m’entend parler au téléphone en arabe avec mon père et que « c’est bien la preuve qu’on fait pas d’efforts »…
- Toutes ces manifs’ qui me rendent fières, me redonnent de l’espoir, me prouvent qu’il y a encore des esprits critiques au pays des Lumières…
- L’administration publique qui piège les sans-papiers en les convoquant pour des prétextes bidons.
- Toutes ces vieilles qui tueraient pour leur chien, les mêmes qui ont peur quand elles voient mon frère.
- Cette nostalgique de l’Algérie Française (élue en PACA !) qui m’a demandée combien de chameaux je valais.
- Ce couple de vieux militants à qui j’aimerais ressembler dans trente ans, toujours dynamiques et si épris d’égalité et de respect.

samedi 5 janvier 2008

Burnin' n Loothin'

Novembre 2007, Villiers le Bel

« Mais ils sont des intrus ! », m’a dit mon oncle, installé en France… Maintenant, je ne peux plus en vouloir aux seuls Dupont-Lajoie ! Nous avons tellement bien intériorisé cette idée qu’ils ne peuvent que nous croire coupables. Nous nous mettons nous-mêmes en position de coupables, comme si on avait quelque chose à se reprocher… Moi, je suis née en France, mais mon oncle me défend la double peine… « Il y en a qui se sont réveillés au bled et qui maintenant remercient la double peine »… Oui, mais pas moi, je ne parle pas l’arabe, je ne comprends pas la moitié de ce qui se passe ici, je suis larguée un peu partout, mais ici encore plus…
Les émeutes, je n’ai jamais su quoi en penser, mais je crois que pour en arriver à cette auto-destruction, à cette mise en danger – au-delà de l’excitation du moment et des petits règlements de compte à la con – il faut réellement souffrir et ne vraiment plus savoir vers qui se tourner pour brûler son propre environnement… Ce ne sont pas bien sûr une solution, ni une bonne image à donner, c’est sûr, ce n’est sûrement pas totalement spontané ni non contrôlé, mais ça attire l’attention (pour mieux la détourner d’autres choses ?) et ça remet sur le tapis des sujets qui devaient nous préoccuper beaucoup plus souvent…



This morning I woke up in a curfew;
O god, I was a prisoner, too
Could not recognize the faces standing over me;
They were all dressed in uniforms of brutality.!
How many rivers do we have to cross,
Before we can talk to the boss?
All that we got, it seems we have lost;
We must have really paid the cost.

(thats why we gonna be)
Burnin and a-lootin tonight;
(say we gonna burn and loot)
Burnin and a-lootin tonight;
(one more thing)
Burnin all pollution tonight;
Burnin all illusion tonight.
Oh, stop them!

Give me the food and let me grow;
Let the roots man take a blow.
All them drugs gonna make you slow now;
Its not the music of the ghetto.

Weeping and a-wailin tonight;
(who can stop the tears? )
Weeping and a-wailin tonight;
(weve been suffering these long, long-a years!)
Weeping and a-wailin tonight
(will you say cheer? )
Weeping and a-wailin tonight
(but where? )

Give me the food and let me grow;
Let the roots man take a blow.
I must say: all them - all them drugs gonna make you slow;
Its not the music of the ghetto.

We gonna be burning and a-looting tonight;
(to survive)
Burning and a-looting tonight;
(save your baby lives)
Burning all pollution tonight;
Burning all illusion tonight

Burning and a-looting tonight;
Burning and a-looting tonight;
Burning all pollution tonight.

vendredi 4 janvier 2008

Je suis...

Je suis Z., Albanaise du Kosovo, sans pays, sans papiers,
Et E., l’Afghan, qui partage comme moi ses racines entre ici et là-bas,
Je suis aussi M., de Jérusalem, avec des papiers qui ne correspondent à aucune de ses identités,
Je suis M., chrétien, Arabe et Israélien,
Et M., métissée, mi-ch’ti, mi-marocaine,
Et S. et G., « café au lait »,
Ph., un mois et déjà retourné dans les limbes,
Je suis Z., 14 ans et déjà plein de sagesse,
Et N., la trentaine, qui mène une vie de vieille,
M., qui m’approvisionne en musique à chacun de ses retours, s’habille exclusivement en rouge-jaune-vert et ne garde comme lien avec le Sénégal que des lettres de moins en moins régulières et des chimères, auxquelles ont fait toutes semblant de croire l’année, en attendant l’été prochain…
Je suis L. dont le beau-père me demande quel est mon « pedigree », avec quoi je suis « croisée »,
Et J., qui ne connaît Israël qu’en vacances et s’enflamme en débattant avec moi,
Autant que G., qui lâche avec modestie qu’elle est une « refuznik »,
Je suis M., basanée, qui m’explique pourquoi son père a raison de voter Le Pen,
Et M., Française qui a héritée par hasard d’un prénom musulman et qui s’en rapproche,
Je suis N., qu’on insulte quand elle se ballade avec son long voile noir,
Je suis O., à qui son père ne parle plus parce qu’elle n’est pas avec un Algérien comme elle,
Et M. qui préfère ne plus parler à son père, pas assez blanc pour sa belle-famille,
Et M., au cerveau désintégré à force de s’assimiler, qui change son prénom pour draguer dans sa grande école,
Je suis encore L. qui attend de moi que je lui dise que j’adore le Maroc, mais qui ne rêve que de le quitter,
Je suis F., qui vit avec sa famille dans l’attente d’une carte de séjour sans cesse refusée,
Je suis H., Kabyle, Algérienne et Française, qui manifeste pour les sans-papiers,
Et H., installé en France depuis 40 ans et qui considère la double peine comme un bienfait,
Je suis C., mi-basque, mi-bretonne, qui a trouvé l’amour et la paix au Burkina Faso,
Je suis M-L. et N., mon nord et mon sud, la croix qui me sert de repère et la 9ibla vers laquelle je m’oriente.

Alors pourquoi tu viens me fais chier en me demandant si je préfère le Maroc ou la France ?