mardi 17 juin 2008

A très vite...

Je suis désolée... j'ai délaissé ce blog, repoussant chaque jour l'envoi de nouveaux posts...
je suis juste encore en vadrouille... je vous promets que vous aurez très vite des nouvelles et je vous prépare des billets sur toutes mes nouvelles découvertes...
plein d'histoires en tête, juste pas le temps de me poser pour écrire... mais je vais m'y mettre, c'est promis!

à très vite!

ps: merci de venir aux nouvelles... voilà qui va bien me remotiver...

dimanche 18 mai 2008

Et moi qui croyait...

Elle l’a frappée avec sa ceinture.
Et moi qui croyait que c’était un cliché d’écrivain ou un truc qu’on faisait dans le temps, ou dans les coins reculés du bled… moi, la petite naïve, la petite gâtée, la fausse Arabe, grrandie dans son cocon de parents bac +5-bac +8… moi qui n’ait que de grands discours à la bouche, qui lutte contre tout et n’importe quoi, qui m’enflamme pour les Palestiniens, pour les ouvriers, pour les détenus, que sais-je encore…
Et bien, moi, devant la petite Fatem Zahra qui commençait à me fatiguer à ne pas se souvenir que « foum » en français, ça se dit « bouche », moi qui lui répétais pour la millième fois que « trois » prend un « s » à la fin, j’ai vu sa mère lui décocher un coup de ceinture devant moi, parce qu’elle n’apprenait pas assez vite et pas assez bien, alors que khalto Sarah te l’a répété mille fois… j’ai vu la ceinture sortir, fouetter l’air et retourner sous l’oreiller et je n’ai pas bougé…
Voilà, j’ai une voisine marocaine… ça me tue, mais elle est exactement LA Marocaine de Jordanie, qui m’explique gentiment quand je lui demande où est son mari « mais c’est comme du théâtre, tu vois, un mariage blanc, mais il est sympa… il est Jordanien et il me demande même pas de lui payer chaque mois 100 ou 200 dollars »… A trente ans, elle a donc faussement épousé un Jordanien de 23 ans, comme sa sœur avant elle, qui « doit l’aider à obtenir la nationalité, mais là c’est un peu compliqué parce que son mari jordanien vient de rentrer en prison, donc là on va laisser un peu se tasser les choses… » et quand elle me parle de ses recherches de boulots dans « les hôtels », « les massages » ou les « cafés » je dois jouer mon oie blanche et faire celle qui comprend pas, elle m’a assez répété qu’elle cherchait des hôtels « mouhtaramin » pour faire ses massages, elle est même prête à bosser de nuit, tu vois elle s’adapte, la flexibilité, tout ça…
Moi, qui en voulais aux Jordaniens d’insinuer que nous, les Marocaines… bref, voilà, j’en ai vu une… et ça me fait tellement mal pour elle… mariée à Aîn Sebaa, fraîchement débarquée de 3abda, son mari l’a laissée avec sa petite Fatem Zahra, qu’elle trimballe partout avec elle, en boîte où elle a intérêt à se trouver une banquette pour dormir, parce que sa mère est intransigeante, « elle est petite, elle doit dormir tôt », au restau quand elle se fait inviter par les millions de mecs qui l’appellent, pour lui dire qu’ils vont lui trouver un boulot, qu’ils cherchent, là…
Et puis, comme elle a pas fait d’études, elle veut que Fatem Zahra réussisse, alors… Elle l’a frappée avec sa ceinture.
Et moi qui croyait…

lundi 12 mai 2008

Trip to Jerusalem (Part 2)



Bon, après les aventures du matin, on a sauté dans la navette direction Damascus Gate à Jérusalem… sans le savoir on a eu une chance énorme… débarquées en plein Pessah, la vieille Ville était interdite aux Arabes… mais la navette, elle, peut transiter…nous avons donc atterri au milieu de Jérusalem Est, empruntant la Via Dolorosa pour aller manger dans « la meilleure pizzeria de Jérusalem depuis cinquante ans », si l’on en croit la vitrine (tu vois, Italiano, je te suis fidèle ;o) (mais moi j’ai pris un kebab… sorry)

C’est donc ça Jérusalem, c’est donc ici ! Ici où se « mêlent » Arabes et Juifs, ici qu’Ariel Sharon résidait, au milieu du quartier arabe, à deux pas des mosquées, ici que les patrouilles se succèdent, mitraillette à l’épaule et gilet pare-balles de rigueur… tiens, des sœurs qui s’arrêtent à chaque station du chemin de croix, là, un groupe de femmes juives, le crâne rasé, ici des femmes voilées… ah, une boutique de CDs… Amr Diab, Elissa et les prêches d’Amr Khaled… à côté un vendeur de chapelets chrétiens et de statues du Christ…

Pessah oblige on n’a pu écouter aucun guide à l’œil, tous les groupes étaient des Juifs d’Europe ou de tout Israël venus écouter - en hébreu - des conférences sur chaque porte de la vieille ville arabe (qui, bien sûr ! était avant tout juive… of course)…Mortes de rire avec mama en débardeur à côté de nos amis les Loubavitch qui se baladaient avec leurs très mignons chapeau, genre, voilà, c’est cool, j’ai mon canapé sur la tête… explosée… après avoir visité le Saint-Sépulcre au milieu de centaines de pèlerins… (nan, parce qu’en plus de Pessah on est aussi arrivées au moment de la Pâques Orthodoxe et le Saint-Sépulcre est à un tiers orthodoxe… impressionnant, cette cohabitation, d’ailleurs… plusieurs Eglises dans une église et plusieurs bâtiments en un… une cohabitation un peu tranquille (quand il n’y a pas bagarre des prêtres lors du grand ménage, véridique !)

Ensuite, nous nous sommes dirigées vers l’Esplanade des Mosquées… à l’entrée j’ai dû réciter la Fatiha à un soldat israélien… « Passport please… aha French ! » « no way… » « are you sure you’re a Muslim…” (yes, I think so… why?) “you’re French and Muslim?” (eh bah ouais, ça existe…) “ok, tell me the fatikha” (j’adoooooooore ton accent, gros) (well, let’s go Bismillah….) et là, il baisse la tête, genre il écoute attentivement… il m’a juste coupée en plein milieu, l’air de rien y comprendre… « well, ok, go… »… et à l’entrée un Arabe me fait re-réciter tout ce que je sais de Coran, on discute un peu… « tab, anti fi firanssa… ou fi ktir muslimoum houn ? comment tu vas te marier là-bas ? tu veux un Marocain ? » (euh, bah, écoute… si tu veux on en reparle un autre jour, ok ? on verra…) bref… me voilà sur l’Esplanade… gigantesque, énorme, impressionnant… tellement grand et tellement calme… tellement beau, je sais pas, tu sens un autre, c’est beau, c’est tellement beau… et là, le dôme apparaît, encore plus grand qu’en vrai, plus beau, plus brillant… rien à voir avec les photos qui m’avaient déjà emballées… grandiose ! il faut voir ça dans sa vie, franchement ! (désolée, je suis pas rentrée avec l’appareil photo…) rentrée prier… un régal… beaucoup de femmes (quasiment que des femmes, puisque pour rentrer pour un homme, y’a des limites d’âge et aussi de tête… (à la discrétion de mon pote à l’entrée… mister « fatikha »…) ici, des femmes viennent passer la journée… y’en a qui pique-niquent, d’autres qui dorment ici, d’autres qui prient… et y’a même des oiseaux qui passent, rentrent, volettent… puis al aqsa al gadim, et encore un grand parc… un délicieux moment…

En ressortant, mister fatikha est encore intrigué, il me demande si je parle arabe, je reste évasive… et là un autre soldat arrive et me parle en arabe… je comprends pas, je lui dis… il a pas l’accent des autres… et il me lâche, au milieu de son « solero exotique »…, « moi, je suis Druze… », aha… alors c’est vrai, y’a vraiment des Arabes et des Musulmans dans Tsahal… bref, on sympathise avec mon Druze… il est content de me parler en arabe, de me montrer qu’il est soldat et qu’il parle arabe… (il doit aussi être content de voir une Arabe qui le méprise pas… en discutant après, je découvre à quel point on les hait… les seuls Arabes qui ont le droit de servir Tsahal (et qui le font !) je croyais qu’il n’y avait qu’au Golan qu’ils s’engageaient contre les Syriens, mais non, ici aussi, ils soutiennent l’Etat hébreu (ou en tout cas, participent à sa « défense »…) avis mitigé… je ne sais plus trop quoi penser…

Mais il va être 19h et les check-point vont fermer…
On rentre dormir chez une amie à Ram (entre Ramallah et Jérusalem…) dix minutes en temps normal, près d’une heure en voiture à cause du Mur… le Mur qu’on voit partout depuis la frontière, entre deux colonies… j’ai eu l’impression de ne voir que des colonies d’ailleurs depuis mon entrée en Cisjordanie… Ma’ale Adounim, une des plus importantes et des plus connues nous cueille dès l’entrée, puis ça s’enchaîne… toujours entourées de ce fameux mur… légèrement opprimant comme sensation… pour aller à Ram, on le longe dans les deux sens, alors qu’on passe de Jérusalem Est à une banlieue arabe… 4 km de mur dans les deux sens… ça aussi c’est une expérience…

Et après tout ça, retour en catastrophe le matin à Malik Hussein. Avec Pessah, la frontière ferme encore plus tôt… et il faut avoir le temps, on sait jamais, et puis faut le payer le visa de sortie… oui, on paye pas l’entrée en Israël mais pour en sortir (même sans y être entré !) on paye… et 30 dollars, please…

dimanche 4 mai 2008



Ce matin, je suis tombée sur un proverbe arabe...

NE CHANGE PAS TON NOM A CAUSE DE TA ROUTE ET NE CHANGE PAS TA ROUTE A CAUSE DE TON NOM...

So, Palestine... I'll be back soooooooooooooooon ;o)

mercredi 30 avril 2008

Délit de sale gueule

Je vous avais prévenus… La Sarah est parfois kamikaze…
Alors lundi dernier, à sept heures, j’ai sauté dans un taxi et pris la direction du pont Malik Hussein…

Le pont Malik Hussein, c’est la frontière entre la Jordanie et la Cisjordanie, exactement entre Amman et Jérusalem, à deux pas de Jéricho… Jusqu’ici pas de problème, hormis le fait qu’il faille payer un visa de sortie de la Jordanie, sans pour autant être tamponné sur son passeport comme sortie du royaume, puisque Cisjordanie et Jordanie ne font encore qu’un, officiellement… (cherche pas…) après avoir payé mon timbre à cinq dinars et avoir rigolé avec les policiers jordaniens (sympa ! décidément, rien à voir avec nos petits h’nouchates à nous…) j’ai pris un bus pour aller à la frontière (jordano-palestinienne)… gardée par les… Israéliens ! va comprendre ! En tout cas, ils ont réussi à construire une espèce de gros bâtiment qui ressemble à un aéroport au milieu du désert… ou en tout cas à la partie « sécurité et contrôle » d’un aéroport…

J’arrive donc, mon sac à main (toujours le rouge !) à l’épaule et mon passeport dans la main… pas de bagages, ça va donc un peu plus vite et les sous-fifres arabes qui auscultent les valises des autres m’indiquent l’entrée du bunker… Je rentre, brandissant fièrement mon petit passeport 7mar, me disant bikheeeeeeeeeeeer, ana fransaouiya ! et je rentre dans le nouveau truc à la mode en Israël pour contrôler sans risque : une espèce de cabine blindée qui t’envoie de l’air et te prend en photo en même temps ! (cherche pas…) c’est ça la fouille… je me dis, cool, ça va être sympa… et m’apprête à courir vers la Palestine quand la petite soldate me dit dans son arabe trop mignon « istanni, what’s your name ? », visiblement ça fait pas assez français pour elle… elle comprend pas, me fait répéter trois fois, avant de me dire, « ok, sit down, keep quite » (ah bon ? parce qu’avant qu’elle connaisse mon nom j’avais l’air moins excitée que maintenant ? mouhim, je keep cool and quite et j’attends, le cul vissée sur son petit banc, sous le regard méfiant de ma petite blonde qui explique à ma maman, Française, qui a récupéré son passeport depuis belle lurette, qu’elle ne doit pas rester à côté de moi… (ah oui ? même pour elle je suis devenue dangereuse ?)

Après une heure, où à chaque fois que je tourne la tête, miss blondie sursaute et me dit « sit down ! », arrive un petit rondouillard qui récupère mon passeport et fait… une croix dessus ! après avoir interrogé le pauvre Libanais qui, comme moi, avait rejoint le guichet « VIP » (oui, ici, il y a le guichet « arabes » et le guichet « VIP »…) avec son passeport américain, donc, après l’avoir libéré, il prend son temps, rigole un peu avec ses potos les soldats et vient me voir pour en savoir plus : « so, you are French ? really ? » (nan, nan, j’me suis fait un faux passeport pour passer chez toi, tu veux l’adresse du mec qui me l’a fait ?) (ou bien, j’ai mieux, fais moi comme pour les Arabes, passes mon passeport au détecteur d’empreinte et analyse le dans tes petites machines, là…) « mais, avec ton nom, je comprends pas bien… » (et moi, ce que je comprends pas bien, c’est pourquoi tu viens me faire chier comme ça, juste pour délit de sale gueule et surtout de sale nom, mon vieux…) « nan, mais tu comprendras qu’avec un nom comme ça, je doive te poser des questions supplémentaires », là j’ose un « ah ? » « yes, for security reasons » (ah ! celle-là j’allai juste l’entendre 38.768 millions de fois…) ok, allons-y, alors voilà mon papa est Marocain (ah, oui ! j’adore la bouffe marocaine, ça ressemble à la bouffe turque !) (passons sur la connerie du type, mais la phrase est véridique, wallah !)

Bon, finalement, monsieur entoure la croix sur mon passeport ! (moi, naïve, je croyais que ça voulais dire qu’il avait enfin compris ma bonne foi, parce qu’après avoir expliqué quinze fois que j’allai à Jérusalem pour faire du tourisme (Jérusalem arabe soit dit en passant, et pour ceux qui sont pas encore perdus, en traversant la seule Cisjordanie, sans jamais mettre un pied en Israël !), je croyais, donc, qu’on allait finir par me croire… la folle !

Me voilà, mon passeport en main, ma mama récupérée, pour aller au guichet VIP me faire tamponner le visa israélien pour un pays où je ne vais pas… bref ! arrivée là, mama obtient son tampon en deux temps trois mouvements et je me dis déjà une bonne journée en perspective et tout et tout… mais les petits soldats m’avaient prévu un autre emploi du temps pour ma journée… obligée de remplir des formulaires avec le nom de mon père, les pays arabes que je connais, le nom de tous les Palestiniens que je connais, de tous les Israéliens aussi, de tous les Jordaniens que j’ai rencontré (sérieux, tu les veux tous ? et moul pissri et abou chabab d’il y a trois semaines ?), la photocopie de mes billets d’avion des trois derniers mois (oui, oui, bien sûr, j’ai toujours ça sur moi, t’inquiètes…) et aussi les pays que j’ai le projet de visiter… bref…

Une heure après avoir récupéré mon formulaire (encore bloquée sur mon banc, là, en métal tout froid… et bouge pas, surtout, ok ? on viendra te chercher…) trois types sont venus me faire corriger le formulaire, ajouter ceci, changer cela, préciser tous mes numéros de téléphone, en France, en Jordanie, ailleurs, mails, adresses et tout…
Et finalement un guignol à lunettes débarque et me dit « so, you have something for me
? » (comething for you ? tu te fous de ma gueule ? ah… le formulaire, là, bah oui… )
re-attente et finalement un sous-fifre m’emmène dans le bureau du chef… devant la porte, il me lâche « ah, by the way, you don’t have knives on you ? » (pardon ? et la petite cabine qui envoie de l’air là, elle sert à quoi au juste ?)

Là, le patron est en fait, mon petit binoclard… il me fait un petit suspense avec son sous-fifre, genre « laisse la porte ouverte » « nan, ferme la, en fait », « oui, bah nan, laisse entr’ouvert » (là, il me regarde un moment) « oui, laisse un peu plus ouvert en fait… » (ok, je suis définitivement un danger, je crois…) so… allons-y « alors pourquoi ta mère t’accompagne et pas ton père ? » (sorry ? j’ai pas dû bien comprendre, là !) et est-ce que tu as déjà rencontré des policiers jordaniens (t’es déjà allé en Jordanie, parce que pour pas rencontrer un flic, ici, faut le faire, entre la police de l’environnement, celle du tourisme, de l’eau, et la vraie police, celle des visas, de la frontière, de l’aéroport…) et « alors, t’es Marocaine ? » (là il fait genre, on est potes, « ma mère est de Marrakech » (cool !) ahaha, toi t’es de Casablanca, t’as vu le film ? (quoi ? c’est dans l’interrogatoire, ça aussi, ou bien je dois rigoler, ou dire non ou bien oui, c’est mieux vu ? tu m’as eu, là !)

Bon, donc après une heure de questions à la con, genre « qui paye ton appart’ en Jordanie ? » « pourquoi faire du tourisme en Israël ? » et « si je te parlais en arabe là, tu saurais répondre » (j’ai fait ma folle, là, genre « ok, let’s try ! » « well, I think it’s better in English »…. HAHAHAHA, alors on fait moins le mariole là, monsieur lunettes !) (oui, la Sarah est mesquine parfois…)
après une heure donc, Monsieur me dit « ok, you can go back to your seat »… (pardon, ton petit banc pourri c’est devenu « MY seat » ? et mon passeport… « well, I’ll do my best, but I hope that you have a good book with you ? » (pardon? Un bon livre? Mais ça durer encore combien de temps ces conneries…) « je vais essayer de faire mon max pour que ça dure moins qu’une heure, pour toi… » (quoi, pour moi ? quoi ?)
retour sur mon banc, donc, pour une heure… à la fin de laquelle je pète un plomb et ce connard me répond « attend ! on est obligé de prendre du temps, quand même, you are… » (et là il se rend compte qu’il va dire une grosse connerie…) « yes ? I am… » nan, rien, attends, sit down ! (et pourquoi ?) (ah oui, sorry, j’avais oublié, « security reasons », yes, yes, ok, sorry, cool…) t’as raison, je suis quand même une… (pas VIP, quoi !)
finalement ils me l’ont rendu mon passeport avec ma petite croix, mon petit rond et… un visa trois fois plus court que mama et les autres…
mais, attends ! maintenant c’est le contrôle de la fin, celui où il fouille les bébés des Arabes et vérifie chaque objet au détecteur d’empreintes… nous, les « VIP » on évite ça, mais à la sortie, j’ai quand même eu droit à « by the way, do you have weapons ? »…


Et dire qu’en France, quand je dis Sarah Ben, on croit que je suis Juive…

mercredi 16 avril 2008

Un peu plus au sud...

Alors, oui, je vais détoner ! Alors que la presse, le pouvoir, la rue (en tout cas en apparence, et ici on sait y faire en matière d’apparence, de vitrine, de grande gueule, de grands discours bien creux auxquels personne ne croit, mais auxquels tous se raccrochent…) alors que tous, donc, saluent le quatrième round des négociations et la proposition marocaine. Alors qu’oser se prononcer pour l’auto-détermination en a conduit plus d’un en prison, alors que ne serait-ce qu’évoquer l’idée qu’il serait peut-être envisageable de laisser la possibilité aux Sahraouis d’exprimer leurs choix, leurs aspirations relève tout à la fois du crime de lèse-majesté, de haute trahison, voire d’apostasie à la grande nation marocaine, et bien, malgré tout cela, oui, je me lance…

A priori, je n’ai pas une opinion très prononcée sur le sujet, pour faire court, je m’en fous depuis toujours, je ne m’y suis jamais intéressée (et grand bien m’en a sûrement pris…) et personne ne m’y a jamais sensibilisée… mais depuis que je suis « rentrée », je trouve le consensus tellement unanime et mielleux, dégoulinant, quasi-extatique devant ce territoire qui m’a paru longtemps n’être qu’un tas de sable, que j’en viens à vouloir m’opposer juste pour le plaisir de m’opposer à tout ça ! juste pour ne pas participer à ce grand élan, à cette propagande osons le mot, à ce matraquage permanent !

Pourquoi ne pas permettre le débat ? Pourquoi ne pas laisser les gens juger par eux-mêmes ? Si Tindouf et autres exactions « algériennes » sont aussi graves, les faits parlent d’eux-mêmes et le matraquage qui est fait autour d’eux ne fait qu’insulter la souffrance en la récupérant. Si les Sahraouis sont si décidés à rester dans le giron marocain comme voudrait nous le faire croire la surmédiatisation des associations pro- Sahara marocain et le black-out total sur tout ce qui ne se situe pas dans la bonne ligne, celle dictée par qui de droit… si, donc, nous sommes si sûrs de la réponse, pourquoi ne pas laisser les Sahraouis s’exprimer démocratiquement et clore enfin le débat par un vote qui imposerait une ligne claire ? Pourquoi a-t-on besoin de cette histoire pour maintenir la cohésion ? N’est-ce pas insulter l’intelligence des Marocains que leur faire croire que c’est sur ce seul point qu’ils peuvent montrer leur loyauté, voire leur probité et leur moralité ?

Je trouve honteuses les éructations de notre Premier Ministre qui assimile Sebta et Melilla à la Palestine, quand on « garde » nos Sahraouis derrière un mur (d’accord, de sable… et pudiquement appelé « dispositif de défense »), comme je trouve un peu exagérée la victimisation qui consiste à faire des Sahraouis les Palestiniens africains…

Je trouve affligeant qu’ils soient instrumentalisés dans la longue histoire de tensions entre le Maroc et l’Algérie, comme je trouve ridicule l’appel à la guerre lancé récemment.

Comme je trouve pitoyable que la « communauté internationale » soit assez hypocrite pour soutenir la proposition marocaine tout en distinguant les deux entités, poussant le vice jusqu’à multiplier les projets dans les « provinces du sud » (doux euphémisme… soyons conventionnels !) tout en se cachant derrière des sociétés fantoches aux projets fantômes à travers le royaume (dans sa partie plus… nordique, disons… restons toujours dans la norme !)


Alors on peut toujours me parler de lignes rouges, d’enjeux géostratégiques, de ressources énergétiques, de projet national, de cohésion sociale… ça ne m’empêchera pas de ne toujours rien comprendre et tant que personne ne prendra le temps et le courage de m’expliquer ce que tout cela signifie et représente, je m’opposerai, pour le principe. La question n’est pas d’être pour ou contre, je l’ai dit, je n’ai pas de position sur ce point car je n’ai aucune des clés pour comprendre la question, mais je ne veux pas suivre aveuglément,ni un bord, ni l’autre, donc dans le doute je m’oppose à cette hystérie collective…


Et je risque de ne pas être la seule car un tel consensus ne peut qu’effrayer, ne peut que faire douter… Pourquoi tout le monde est-il d’accord ? Pourquoi toute la presse, dans un seul élan, unanime et tellement laudateur qu’il en paraît suspect, adopte-t-elle et loue-t-elle ce consensus ? Pourquoi dans chaque concert, a-t-on droit à l’inévitable artiste sahraoui, celui qui va chanter la bonté et la grandeur du Maroc et rappeler qu’il est lui-même Sahraoui mais bien Marocain, (Maghribi tab3an, dans le texte)…

A force de forcer ainsi le discours, on ne peut que s’attirer les foudres et forcer les citoyens à se questionner. Entre censures des sites qui expriment des « pensées interdites » et surmédiatisation des "bons indigènes", le pouvoir joue une partie de plus en plus dangereuse que tous les clips, chansons, fêtes nationales et manifestations fantoches ne permettront pas éternellement de soutenir…

dimanche 6 avril 2008

Boum, Pétra et Patatras...



Par où commencer ? Wallah, j’ai l’impression d’avoir vécu trois vies en quatre jours… que d’aventures, za3ma au pays d’Indiana Jones… voilà, je suis partie à Pétra ! Traversée du désert jordanien, magnifique ! magnifique, magnifique, magnifique ! et c’est Sarah, la citadine endurcie qui vous parle… moi qui n’ai jamais pu m’émerveiller devant la nature, les arbres, les roches, les cailloux, tout ce que tu veux, là j’en suis tombée à la renverse… (et pour une fois j’avais l’appareil photo, p’tits veinards…)
Pétra mérite bien son titre de merveille du monde, un petit bijou au milieu de rien… des trésors d’architecture, de sculpture au milieu du désert…
Une longue route pour y arriver avec pour seules radio des trucs en arabe qu’on capte super mal ou bien des radio israéliennes (qu’on capte super bien, par contre) mais super chiantes… traversée de plusieurs petites villes où tout est pas cher (ce qui relève vraiment du miracle en Jordanie) et des gens sympas, qui t’accueillent et t’offrent toujours un petit truc… je crois qu’on oubliera pas de sitôt le cafetier qui a refusé qu’on paye, nous disant au revoir depuis la terrasse d’en face, où il prenait lui aussi son « 2ahwé »…
Tout ça étaient donc bien mignon jusqu’à l’arrivée à little Pétra (oui, cherche pas y’a la petite et la grande Pétra)… accostées dans un restau par des bédouins douteux qui nous proposent de faire une soirée dans le désert… méfiantes au début, on se laisse convaincre par le couple d’anglais qui se sont fait avoir avant nous… on se dit, un peu lâchement, qu’on pourra se casser plus facilement s’ils ont d’autres touristes à harceler… nous voilà partis, avec trois bédouins sur la banquette arrière dans le « désert », vers ce qui s’est révélé être une misérable bande de cailloux à la sortie de la ville au bout d’une piste foireuse… là, devant le plan bidon, comme tout individu normal on préfère passer une bonne soirée, sympa, on va faire demi-tour, pas de soucis… mais comme bien sûr, ça aurait été trop beau… nan, nan, voilà que la voiture ne démarre plus ! ok, on est au milieu du désert, entourées de bédouins qui commencent à être passablement bourrés et squattent la voiture et on peut pas démarrer… zen, Sarah, zen… et celui-là qui drague ma copine, imperturbable, qui continue, son « poème » « I was looking at the moon, and your face was in the moon, and the moon told me… » très mignon, Abdallah, très très mignon ! wallah, j’adore, maintenant on peut appeler un garagiste, please ? Allaye 3atekoum al 3afiyé, vous pouvez faire gaffe avec les ver… ok, pas grave, essaye d’éponger… ok, nan, pas grave, vas-y pousse les affaires… bon, je vous passe les détails de cette soirée mémorable, je ne sais pas comment, on s’est retrouvés à prendre un café avec nos deux amis et, comme nous semblions résister à leurs charmes (multiples et… exotiques s’il en est), ce cher ami n’a pas trouvé mieux que de s’énerver… avant de finalement me regarder droit dans les yeux « ok, I understand, it’s easy to see that u have a psychological problem… are you lesbian ? » (en roulant les r s’il vous plaît…) no comment, Mahmoud m’a tué !
Finalement réussi à s’en décoller après avoir accepté qu’il aille se changer pour nous montrer la tenue bédouine… très sympa par ailleurs, mais j’étais pas exactement dans le « mood » défilé de mode ta9lidi, je crois…
Après ne pas avoir dormi, donc, on a visité Pétra au radar… puis on a pris la route pour Amman, là aussi dans un état second, même si on a réussit à jouer assez bien les débiles en arabe pour faire sauter 50 dinars d’amende pour excès de vitesse… trop de flics ici et pas de corruption, alors obligées de se mettre au théâtre… parler un maximum en anglais, faire semblant de comprendre au bout d’un quart d’heure et glisser des phrases en fos7a, genre j’ai appris le paragraphe « conversation » du guide du routard avec l’accent le plus français possible…
Une escapade pas de tout repos, mouvementée, avec ses coups de pression, mais putain, c’était boooooooooooooooooooooon !